La forêt genevoise

 

Historique

Pour garantir les besoins en énergie du canton, du 17ème au 20ème siècle et lors de la seconde guerre mondiale, la forêt genevoise a été surexploitée sous le régime du taillis, c’est-à-dire sous la forme de coupe rase. Depuis lors elle a été livrée à elle-même suite à l’émergence des énergies fossiles comme le pétrole et au désintérêt pour les travaux forestiers fort éprouvants. L’histoire de cette forêt fait qu’aujourd’hui elle est un massif sain mais âgé, peu productif car trop dense et est constituée principalement de rejets de souches d’une médiocre qualité pour le bois d’œuvre. Cette biomasse de bois conséquente, 200 m3/ha, une ressource renouvelable et par conséquent durable, est ainsi essentiellement dévolue au bois de chauffe. Force est de constater que dans le contexte socio-économique actuel, ce bois de chauffe présente un faible intérêt financier, voire même s’exploite à perte. Le défi d’aujourd’hui consiste donc à mettre en place des leviers pour actionner diverses formes d’exploitation forestière permettant de rajeunir les massifs forestiers genevois afin de léguer aux générations futures un bois de qualité ainsi qu’une forêt durable et productive.

Évolution de la forêt le long du chemin de la Poudrière

1932 (surexploitation)Photos historique 1932

1963Photos historique 1963

1972Photos historique 1972

1996 (forêt peu productive car trop dense)Photos historique 1996

2012 (premiers travaux d’éclaircissement de l’État de Genève)Photos historique 2012

État des lieux

Le canton de Genève dispose d’une superficie forestière d’environ 3000 hectares répartis en trois massifs principaux : Chancy, Jussy, Versoix. Bien que de nos jours le canton soit face à une pression urbaine de plus en plus marquée, la proportion d’occupation du sol par la forêt reste stable.

La forêt genevoise est composée principalement de chênes favorisés notamment par un climat plus chaud et plus sec sur des sols argileux constitués par les moraines glacières. Peuplée essentiellement de feuillus, elle présente l’avantage d’être peu sensible au bostryche.

Environ 47% de la forêt genevoise appartient à des privés répartis sur un foncier fortement morcelé appartenant souvent à plusieurs propriétaires. Ces derniers ne sont pas libres d’effectuer des coupes d’arbres sans en avoir préalablement fait la demande à l’inspecteur cantonal des forêts de l’Etat de Genève.

Outre la fonction de production de bois, la forêt fournit de l’air pur, sert d’habitat à la faune et à la flore, protège contre les dangers naturels, structure le paysage et permet aux gens de faire de l’exercice et de se détendre dans un environnement naturel. Telles sont les autres fonctions reconnues des forêts, appellées fonctions écosystémiques.

Etude sur l’appréciation de la multifonctionnalité de la forêt suisse

 

Plan directeur forestier

Dans l’optique de cette multifonctionnalité, un plan directeur des forêts [Plan Directeur en format PDF] en vigueur depuis novembre 2000 et élaboré par le canton de Genève planifie durablement toutes ces fonctions. Il constitue la ligne directrice pour la gestion des massifs forestiers genevois dans les années à venir et dote les services compétents du canton de moyens, notamment financiers, pour atteindre les buts assignés. Ces ressources financières, prévues par la loi cantonale, servent ainsi à redynamiser la gestion de la forêt, notamment la forêt privée genevoise. L’une des approches valorisées consiste en la création d’associations de propriétaires de forêts. Chaque association a pour première mission une exploitation rationnelle des peuplements, sur la base d’un plan de gestion de son propre massif, approuvé par le département et s’inscrivant dans les objectifs du plan directeur cantonal.

 

 

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